Agent IA · Ressources humaines

Un agent IA pour vos ressources humaines, du tri des candidatures aux questions de tous les jours.

Il présélectionne les candidatures avec la raison de chaque choix, accueille les nouveaux arrivants, répond aux salariés à partir de vos règles internes et planifie les entretiens. Il ne décide jamais à la place d'une personne.

  • Aucune décision automatique
  • Réponses tirées de vos documents
  • CSE informé et consulté
Tri des candidaturesSimulation, données fictives

L'équipe RH retrouve du temps

Solde de congés, mutuelle, notes de frais : les questions répétitives reçoivent une réponse immédiate et sourcée. L'équipe RH garde les cas qui demandent une personne.

Un cadre posé dès le départ

Introduire un outil d'IA auprès des salariés suppose d'informer et de consulter le CSE. L'agent informe et oriente, et chaque décision sur un salarié ou un candidat reste humaine.

Tous les cas d'usage de l'agent IA RH, du recrutement à la formation.

  • L'agent lit chaque CV, le compare à la fiche de poste et présente les profils qui correspondent, avec la raison du choix.

  • Chaque nouvel arrivant sait quoi préparer, quels documents signer et à qui s'adresser, avant même son premier jour.

  • Congés, mutuelle, notes de frais : l'agent répond à partir de vos règles internes, et transmet les cas particuliers à l'équipe RH. Le branchement au SIRH se vérifie au cas par cas : en novembre 2026, Lucca ne documente pas de lecture du solde de congés et PayFit a suspendu les nouvelles intégrations partenaires.

  • L'agent croise les agendas des managers et des candidats, puis envoie les invitations sans échange d'emails à rallonge.

  • L'agent propose à chaque salarié les modules utiles à son poste, répond aux questions sur le plan de développement des compétences et suit les inscriptions avec le manager.

Tri des candidaturesSimulation, données fictives

La présélection se termine, la fiche candidat attend la manager.

Les candidatures arrivent triées, chaque choix reste le vôtre.

Un seul agent, branché sur vos outils, de la candidature à la première paie.

  • Slack ou Teams

    Répond aux salariés là où ils posent déjà leurs questions.

  • Boîte RH

    Trie les candidatures et les demandes reçues par e-mail.

  • Agendas

    Croise les disponibilités des managers et planifie les entretiens.

  • Lucca

    Lucca, PayFit, Factorial

    Lit les données du salarié qui demande, selon ce que le SIRH ouvre.

  • Notion ou SharePoint

    Répond à partir de vos règles internes, document cité à l'appui.

  • ATS

    Logiciel de recrutement

    Présente les profils qui correspondent, avec la raison du choix.

Chaque lundi, il vous dit ce que les salariés demandent vraiment.

Les règles du droit du travail, intégrées dès la conception de l'agent.

Consultation du CSE

Le Code du travail impose d'informer et de consulter le CSE avant d'introduire une nouvelle technologie. Le 2 septembre 2025, le tribunal judiciaire de Paris a jugé le cas d'un chatbot RH déjà présenté au CSE à son lancement.

La consultation du CSE, décisions à l'appui

IA Act, annexe III

Un assistant qui répond aux salariés n'est pas un système à haut risque tant qu'il ne décide rien sur eux. Les outils qui trient, promeuvent ou licencient le sont.

L'IA Act en entreprise : calendrier et obligations

Données personnelles

L'agent lit seulement les données du salarié qui pose la question, avec des accès limités au strict nécessaire, et chaque réponse cite le document d'où elle vient.

Un assistant IA sur vos documents internes

Le guide complet : l'IA dans les ressources humaines

Guide RH

Agents IA en ressources humaines : usages, SIRH, CSE et IA Act

Ce guide décrit ce qu'un agent IA fait dans un service RH, les données qu'il lit dans le SIRH et les règles qui s'appliquent : IA Act, CNIL, consultation du CSE.

Zakaria El AsriMis à jour le 26 min

Le principe

L'agent prépare le travail de l'équipe RH. Toute décision sur un candidat ou un salarié reste prise par une personne.

Un agent IA RH répond aux questions des salariés à partir de vos documents et du SIRH, et prépare leurs demandes. Il ne prend aucune décision sur un salarié ou un candidat.

Deux règles encadrent son lancement. Dans une entreprise d'au moins 50 salariés, le CSE est consulté avant la mise en service, phase pilote comprise (TJ Nanterre, 14 février 2025). Si l'outil trie des candidatures, il relève du haut risque de l'IA Act, avec des obligations applicables à partir du 2 décembre 2027.

Section 01

Qu'est-ce qu'un agent IA en RH ?

Un agent IA en RH est un programme qui lit vos outils RH, découpe une tâche en étapes et l'exécute dans le SIRH, l'ATS, la messagerie ou l'agenda. Un chatbot répond à une question ; l'agent prépare la suite : short-list motivée, demande de congé, brouillon de mail. Une personne valide avant tout effet sur un candidat ou un salarié.

Du contexte à l'action

Le cycle d'un agent IA RH

Étape 1

Interpréter le contexte

L'agent lit le SIRH, la fiche de poste, les critères et comprend la demande.

Étape 2

Planifier les actions

Il décompose la tâche en étapes : lecture des CV, préqualification, planification, compte rendu.

Étape 3

Proposer à une personne

Short-list motivée, priorités, brouillons : une personne valide avant toute suite donnée à un candidat ou un salarié.

Étape 4

Agir dans les outils

ATS, CRM, mails, calendriers, SIRH : exécution reliée à vos outils existants, une fois la validation donnée.

Section 02

L'IA Act classe à haut risque le tri des candidatures et les décisions sur les salariés.

Le point 4 de l'annexe III de l'IA Act classe à haut risque les systèmes d'IA utilisés pour recruter ou sélectionner des candidats, et ceux qui décident des conditions de travail, de la promotion ou du licenciement, attribuent des tâches ou évaluent les performances et le comportement. Un assistant qui informe les salariés reste en dehors (section 04).

Pour ces systèmes, les obligations s'appliqueront à partir du 2 décembre 2027, date fixée par le règlement (UE) 2026/1744, dit Digital Omnibus. Elles reposent sur quatre principes :

  • Contrôle humain effectif : une personne compétente valide toute décision sur un candidat ou un salarié.
  • Transparence des critères : les candidats et les salariés savent qu'un système d'IA intervient et sur quoi ils sont évalués.
  • Traçabilité : chaque proposition du système et chaque validation humaine sont journalisées.
  • Information des représentants du personnel : l'article 26(7) impose d'informer les représentants des travailleurs et les salariés concernés avant la mise en service. En France, le Code du travail impose en plus la consultation du CSE dans les entreprises d'au moins 50 salariés.

Le volet CSE, avec les décisions rendues depuis 2025, est traité en section 06.

IA Act et Code du travail

Ce qu'un déploiement conforme doit pouvoir montrer

Documentation

Fiche descriptive, critères et finalités, prêts pour un audit.

01

Contrôle humain

Une personne valide toute décision sur un candidat ou un salarié.

02

Transparence

Les personnes savent qu'une IA intervient et sur quels critères, avec un droit de contestation.

03

Traçabilité

Journalisation de chaque proposition et de chaque validation, rapports périodiques.

04

Consultation CSE et DPO

Information et avis préalables au déploiement, puis à chaque évolution du périmètre.

05

Section 03

Trier des CV : un usage à haut risque

Trier des candidatures avec l'IA relève du point 4 a) de l'annexe III de l'IA Act, qui vise l'analyse et le filtrage des candidatures. Les obligations des systèmes à haut risque s'appliqueront à partir du 2 décembre 2027. L'agent peut lire chaque CV et proposer une short-list motivée ; le recruteur la valide, le manager et les RH choisissent.

Notre guide trier des CV avec l'IA et les contrôles de la CNIL décrit un processus conforme. Les autres cas d'usage (onboarding, questions des salariés, formation) sont présentés avec un exemple de conversation dans la liste des cas d'usage en haut de page.

Annexe III, point 4 a)

Le recrutement assisté, étape par étape

01

Candidatures reçues

ATS, LinkedIn, jobboards : chaque candidature est lue.

02

Présélection proposée

Compétences extraites et comparées à la fiche de poste, avec la raison de chaque proposition.

03

Short-list validée

Le recruteur relit, corrige et valide la liste soumise au manager.

04

Entretiens

L'agent planifie les créneaux, les entretiens sont menés par des personnes.

05

Décision

Le choix du candidat retenu appartient au manager et aux RH.

La même frontière vaut pour la gestion des compétences. Prévoir les recrutements et les écarts de compétences à l'échelle d'une équipe reste hors de l'annexe III. Un score individuel de « risque de départ » ferait entrer l'outil dans l'annexe III de l'IA Act.

Section 04

Répondre aux questions RH des salariés : base documentaire et SIRH

Solde de congés, mutuelle, notes de frais : les mêmes questions reviennent chaque semaine. Un assistant IA les reçoit dans Slack, Teams, la boîte RH ou l'intranet, cherche la réponse dans vos documents, lit si besoin le compteur du salarié dans le SIRH et prépare la demande. Santé, conflit et harcèlement partent à une personne.

L'assistant doit d'abord savoir qui écrit. Il identifie le salarié par son compte d'entreprise avant de lire la moindre donnée personnelle.

  1. 1
    La question arrive

    Un salarié écrit dans Slack, Teams, à la boîte RH ou dans le widget de l'intranet. L'assistant l'identifie par son compte d'entreprise.

    Microsoft TeamsIntranet
  2. 2
    Tri de la question

    Règle générale, situation personnelle, demande à lancer ou sujet sensible. Un sujet sensible part directement au relais humain (étape 6).

  3. 3
    Recherche dans les documents

    Convention collective, accords, règlement intérieur, notice de la mutuelle, politique de frais, indexés depuis leur emplacement d’origine.

    Google DriveSharePoint
  4. 4
    Lecture des données du salarié

    Compteur de congés, statut d’une note de frais, avec les droits de ce salarié et de lui seul.

    LuccaFactorialPayFitEureciaWorkday
  5. 5
    Réponse sourcée ou demande préparée

    L'assistant cite le passage utilisé, ou prépare la demande de congé ou le brouillon de note de frais. Le salarié confirme, le manager valide.

    Circuit de validation du SIRH
  6. 6
    Relais vers l'équipe RHRelais humain

    Santé, conflit, harcèlement, rupture, contestation ou question sans source : un ticket est ouvert pour une personne habilitée, avec le résumé que le salarié a vu.

    File RH restreinte
Parcours d'une question RH dans un assistant construit sur mesure. Les outils sont des exemples ; les accès disponibles dépendent de chaque SIRH, voir le tableau plus bas.

Répondre à partir de vos documents

L'assistant lit votre convention collective au moment où la question est posée. La méthode s'appelle RAG (génération augmentée par récupération) : vos documents sont découpés en passages, l'assistant retrouve les quelques passages qui répondent à la question et rédige la réponse à partir de ces seuls passages, avec la référence du document. Quand aucun passage ne répond, il le dit ; testez cette consigne avant le lancement. Notre article sur le RAG en entreprise détaille la mécanique.

Quatre familles de documents font l'essentiel du travail :

  • Convention collective et accords d'entreprise : congés pour événements familiaux, ancienneté, période d'essai, primes conventionnelles. Quand un accord d'entreprise règle un point autrement que la convention de branche, indexez les deux avec une règle de priorité écrite dans les consignes de l'assistant.
  • Règlement intérieur et notes de service : horaires, télétravail, usage des outils, accès aux locaux.
  • Notice de la mutuelle et de la prévoyance : garanties, ayants droit, cas de dispense, maintien des garanties après le départ.
  • Politique de frais : plafonds par type de dépense, justificatifs exigés, délais de dépôt, barème kilométrique retenu.

Réglez les droits d'accès à la source. Selon la documentation de Notion, une intégration ne voit que les pages partagées avec elle. Côté SharePoint, les permissions « Selected » de Microsoft Graph limitent une application à un site, une liste ou un fichier. Le dossier « Paie » ou « Contentieux » rangé à côté reste hors de portée de l'assistant.

Avant d'indexer, gardez une seule version de chaque document, datée, avec un responsable. Branché sur un Drive en désordre, un assistant répond avec assurance à partir d'un document périmé.

La loi change aussi. Depuis la loi n° 2024-364 du 22 avril 2024, un salarié en arrêt maladie d'origine non professionnelle acquiert 2 jours ouvrables de congés payés par mois, dans la limite de 24 par période de référence (article L3141-5-1 du Code du travail ; fiche « Congés payés du salarié dans le secteur privé » de service-public.gouv.fr, vérifiée le 30 avril 2026). Retirez de l'index toute note interne antérieure qui affirme le contraire.

Ce que Lucca, PayFit, Factorial, Eurecia et Workday ouvrent par API

Pour répondre « il vous reste 12 jours », l'assistant lit le compteur du salarié dans le SIRH par API. C'est l'étape où les projets se bloquent le plus souvent. D'après la documentation publique de chaque éditeur, relevée par Lumyniq le 3 novembre 2026, la lecture d'un solde est directe chez certains, absente ou réservée chez d'autres.

SIRHLire un soldeLancer une demandeNotes de fraisAccès à l'API
LuccaAucun point d’accès documenté pour le solde d’un salarié ; liste des absences et des demandesValidation ou refus d’une demande ; import d’absences par fichier CSV ; pas de création unitaire documentéeCréation d’une dépense temporaire et d’une note de frais (Lucca Expenses)Clé API créée avec le chargé de compte Lucca
FactorialCompteurs par salarié (« allowance stats »)Création d’une absence, approbation ou refusLecture seule dans la référenceClé API dans les réglages (accès total) ou OAuth 2.0 avec droits limités
PayFitRécupération des congés et absences annoncéeÉcriture non décrite dans les pages publiquesNon mentionnéesClients dès le plan Paie avancée ; nouvelles intégrations partenaires suspendues (page du 2 octobre 2025)
EureciaCumuls de congés en lecture (« vacation accumulation »)Demandes en lecture seule dans la documentationNotes de frais en lectureJeton généré depuis la fiche d’un utilisateur, avec ses droits
WorkdayModule Absence Management dans le répertoire RESTNon vérifiéNon vérifiéRépertoire sur le site communautaire de Workday, détail non lu
Relevé Lumyniq du 3 novembre 2026 : developers.luccasoftware.com (spécification Absences v3, référence Expenses), apidoc.factorialhr.com (version 2026-10-01), developers.payfit.io et payfit.com, dev.eurecia.com et son fichier Swagger. « Non documenté » signifie absent des pages publiques lues.

Deux réglages de droits en découlent. Chez Factorial, une clé générée dans les réglages donne accès à tout : pour un assistant conversationnel, passez par OAuth 2.0 avec des droits limités. Chez Eurecia, les requêtes s'exécutent avec les droits de l'utilisateur dont la fiche a servi à générer le jeton : créez un compte technique limité au strict nécessaire.

Chez Workday, le répertoire REST se charge en JavaScript et nous n'avons pas pu en lire le détail. Faites confirmer les opérations disponibles par votre administrateur Workday dans votre tenant.

Quand le SIRH ne renvoie pas le solde par API, l'assistant donne la règle et un lien direct vers la page du compteur. Quand il peut le lire, il reprend la valeur calculée par le SIRH sans la recalculer : jours ouvrables ou ouvrés, fractionnement, report, RTT, toute la règle vit dans le paramétrage de paie.

L'assistant interroge le SIRH pour le salarié qui pose la question et ne renvoie que ses données. Si l'éditeur ne propose qu'une clé à accès global, c'est le code de l'assistant qui filtre : testez ce filtre comme une fonction de sécurité.

Lancer une demande : le salarié confirme, le manager valide

L'assistant peut préparer une demande de congé, créer le brouillon d'une note de frais ou envoyer le formulaire de dispense de mutuelle. Le salarié confirme, et la validation reste au manager ou aux RH, dans le circuit habituel du SIRH. Approuver, refuser, modifier un compteur, déclencher un remboursement : ces actions restent hors de portée de l'assistant.

Les API de Lucca et de Factorial permettent techniquement d'approuver une demande. Ne donnez pas ce droit au compte de l'assistant : une approbation est une décision sur la situation d'un salarié, et elle changerait le classement du système au regard de l'IA Act.

Santé, handicap, grossesse, conflit avec un manager, harcèlement, sanction, rupture du contrat, contestation d'un calcul : sur ces sujets, l'assistant dit à qui s'adresser, ouvre un ticket à accès restreint et annonce un délai de réponse, sans entrer dans le fond du dossier.

Une personne qui signale un harcèlement reçoit immédiatement des contacts humains : le service RH, le référent en matière de harcèlement sexuel et d'agissements sexistes que toute entreprise d'au moins 250 salariés doit désigner (article L1153-5-1 du Code du travail), le référent du CSE, la médecine du travail. L'employeur est tenu d'une obligation de sécurité (article L4121-1) : le signalement doit atteindre vite quelqu'un qui peut agir.

Un diagnostic médical est une donnée de santé, sensible au sens de l'article 9 du RGPD. Le référentiel CNIL sur la gestion du personnel rappelle que l'employeur ne la traite qu'au titre de ses obligations en droit du travail et de la sécurité sociale.

La frontière de l'annexe III de l'IA Act

Un assistant qui informe les salariés, lit leurs compteurs et transmet leurs demandes n'entre pas dans l'annexe III de l'IA Act. Voici le point 4, dans sa version française :

« 4. Emploi, gestion de la main-d'œuvre et accès à l'emploi indépendant : a) systèmes d'IA destinés à être utilisés pour le recrutement ou la sélection de personnes physiques, en particulier pour publier des offres d'emploi ciblées, analyser et filtrer les candidatures et évaluer les candidats ; b) systèmes d'IA destinés à être utilisés pour prendre des décisions influant sur les conditions des relations professionnelles, la promotion ou le licenciement dans le cadre de relations professionnelles contractuelles, pour attribuer des tâches sur la base du comportement individuel, de traits de personnalité ou de caractéristiques personnelles ou pour suivre et évaluer les performances et le comportement de personnes dans le cadre de telles relations. »

L'assistant décrit ici ne recrute ni ne sélectionne personne (point a). Il ne prend aucune décision sur les conditions de travail, la promotion ou la rupture, n'attribue pas de tâches, et ne suit ni n'évalue les performances (point b). C'est notre lecture du texte : la Commission n'a pas publié d'avis sur ce cas précis. D'après la lettre du point b), quatre évolutions pourraient le faire basculer :

  • approuver ou refuser seul des congés ou des notes de frais selon des critères ;
  • produire des statistiques nominatives sur les questions posées, par exemple repérer qui s'informe sur la rupture conventionnelle ;
  • alimenter l'entretien annuel ou un score de « risque de départ » à partir des conversations ;
  • répartir des tâches ou des plannings selon le profil ou le comportement des salariés.

Si l'un de ces usages apparaît, les obligations des systèmes à haut risque s'appliqueront à partir du 2 décembre 2027, date fixée par le règlement (UE) 2026/1744, dit Digital Omnibus, telle que l'affiche l'article 113 sur le service d'assistance de la Commission. L'article 26(7) obligera alors l'employeur à informer les représentants des travailleurs et les salariés concernés avant la mise en service.

Hors du haut risque, l'article 50(1) s'applique depuis le 2 août 2026 : les personnes doivent être informées qu'elles échangent avec une IA, sauf si c'est évident. Une phrase d'accueil suffit : « Je suis l'assistant RH, un programme d'intelligence artificielle. Je réponds à partir des documents de l'entreprise et je transmets à l'équipe RH ce qui demande une personne. » Le détail est dans notre article sur l'obligation de transparence des agents IA.

L'article 5(1)(f) interdit depuis le 2 février 2025 d'utiliser l'IA pour inférer les émotions d'une personne sur le lieu de travail, sauf raisons médicales ou de sécurité. N'ajoutez aucun module qui déduit l'humeur ou le stress des salariés.

Section 05

Onboarding : la première semaine d'un nouvel arrivant avec un agent IA

Pendant la première semaine, l'agent d'onboarding envoie chaque document à sa date, prépare les demandes d'accès que le manager approuve, et répond aux questions du nouvel arrivant à partir de vos documents, en citant la source. Le contrat, la paie, la santé et toute question sans réponse écrite partent à une personne de l'équipe RH.

La conversation type est présentée dans la liste des cas d'usage en haut de page. Cette section décrit ce qu'il y a derrière : les documents, les accès, les questions et les relais.

Les documents que la loi impose, et leurs délais

Depuis le 1er novembre 2023, l'employeur remet au salarié un ou plusieurs documents écrits contenant les informations principales de la relation de travail (article L1221-5-1 du Code du travail). L'article R1221-35 fixe deux délais, comptés à partir de la date d'embauche : 7 jours calendaires pour une partie des informations, un mois pour le reste.

Document ou informationQuandTexte
Identité des parties, lieu de travail, poste, date d’embauche, terme d’un CDD, période d’essai, rémunération, durée du travailAu plus tard le 7e jour calendaire après l’embaucheL1221-5-1, R1221-34 (1° à 5°, 7°, 11°, 12°), R1221-35
Droit à la formation, durée des congés payés, procédure de rupture, conventions et accords applicables, régimes de protection socialeAu plus tard un mois après l’embauche, certaines par renvoi aux textes applicablesR1221-34 (8° à 10°, 13°, 14°), R1221-35
Copie de la déclaration préalable à l’embauche (DPAE) ou de son accusé de réceptionÀ l’embauche, sauf si le contrat écrit mentionne l’organisme destinataireR1221-9
Contrat à durée déterminéeAu plus tard dans les 2 jours ouvrables suivant l’embaucheL1242-13
Livret d’épargne salarialeÀ la conclusion du contrat, si l’entreprise propose intéressement, participation ou plan d’épargneL3341-6
Règlement intérieur, obligatoire à partir de 50 salariésPorté à la connaissance du salarié par tout moyenL1311-2, R1321-1
Conventions et accords collectifsUn exemplaire à jour sur le lieu de travail, et sur l’intranet s’il existeR2262-1
Article 222-33 du code pénal sur le harcèlement sexuel, actions ouvertes et coordonnées des services compétentsInformation par tout moyen sur les lieux de travailL1153-5
Formation pratique à la sécuritéOrganisée pour chaque travailleur embauchéL4141-2
Visite d’information et de préventionDans les 3 mois suivant la prise effective du posteR4624-10
Articles du Code du travail lus sur code.travail.gouv.fr le 4 novembre 2026, pour un salarié embauché en France et qui y travaille. Un travail à l'étranger de plus de quatre semaines ajoute d'autres informations (R1221-36). Ce tableau ne remplace pas l'avis de votre conseil.

L'agent ne rédige aucun de ces documents. L'équipe RH prépare les modèles et les fait valider. L'agent lit la date d'embauche dans le SIRH, calcule les échéances et envoie chaque document par le canal prévu. Si une pièce n'est pas partie la veille de son échéance, il alerte la personne RH qui suit le dossier.

Pour la visite d'information et de prévention, l'agent rappelle à l'équipe RH de la demander au service de prévention et de santé au travail. Il ne reçoit ni ne lit aucune information médicale.

  1. 1
    Avant le premier jour

    Message d'accueil avec la date, l'heure, le lieu et le nom du manager, liste des pièces à fournir fixée par les RH, lien de signature du contrat.

    Signature électronique
  2. 2
    Le premier jour

    Documents d'accueil préparés par les RH : règlement intérieur, accès aux conventions et accords, plan de la semaine avec les rendez-vous.

    SharePointGoogle Drive
  3. 3
    Les demandes d'accès

    L'agent prépare la demande d'après la liste d'accès du poste. Le manager l'approuve, l'administrateur crée les comptes.

    Outil de tickets informatique
  4. 4
    Les questions de la semaine

    Réponse tirée des documents de l'entreprise, avec le nom du document, sa version et le passage utilisé.

    Microsoft Teams
  5. 5
    Le suivi des échéances

    Contrôle à 7 jours et à un mois des documents obligatoires, formation à la sécurité planifiée, visite d'information demandée.

    SIRH
  6. 6
    Relais vers l'équipe RHRelais humain

    Contrat, paie, santé, handicap, désaccord avec le manager, question sans source, document ou accès en retard : un ticket part au référent RH du nouvel arrivant.

    File RH restreinte
Parcours d'onboarding tel que Lumyniq le construit sur mesure. Les outils sont des exemples ; les documents et leur ordre sont fixés par votre équipe RH.

Les accès : l'agent demande, une personne approuve

Le premier jour, un nouvel arrivant a besoin de sa messagerie, des outils de son équipe et parfois de dossiers partagés. L'agent prépare la demande à partir d'une liste d'accès par poste, écrite ensemble par l'équipe RH et l'informatique. Le manager approuve la liste, l'administrateur crée les comptes.

Dans les agents que nous construisons, le compte de l'agent n'a aucun droit d'administration sur l'annuaire de l'entreprise : il ouvre un ticket et ne crée aucun utilisateur. Un accès hors de la liste du poste, au dossier de paie ou à des données de clients par exemple, demande en plus l'accord du responsable de ces données.

Le jour de l'arrivée, l'agent vérifie que chaque accès approuvé est ouvert et relance l'informatique pour ceux qui manquent. Le nouvel arrivant voit où en est chaque demande.

Les questions de la première semaine, avec le document cité

Les questions d'un nouvel arrivant se ressemblent d'une embauche à l'autre. L'agent y répond avec la méthode de l'assistant RH décrite en section 04 : il retrouve le passage qui répond, rédige la réponse à partir de ce seul passage et cite le document, sa version et l'article ou la page. Le nouvel arrivant ouvre la source d'un clic. Notre article sur le RAG appliqué aux documents internes explique comment l'agent retrouve ces passages.

Question du nouvel arrivantOù l'agent chercheQuand une personne prend le relais
Quels sont mes horaires, comment fonctionne le badge ?Règlement intérieur, notes de serviceHoraires individuels différents de la règle générale
Puis-je télétravailler pendant ma période d’essai ?Accord ou charte de télétravailDemande d’exception
Comment adhérer à la mutuelle, ou m’en dispenser ?Notice de la mutuelle, formulaire de dispenseCas de dispense à vérifier sur pièces
Quand suis-je payé, et comment se calcule ma prime ?Contrat, document d’informations principalesÉcart entre le premier bulletin et le contrat
Comment me faire rembourser mon premier déplacement ?Politique de fraisDépense au-delà du plafond
À qui m’adresser pour un problème d’ordinateur ?Guide d’accueil informatiquePanne ou accès manquant après le premier jour
Exemples de questions. L'agent ne répond qu'à partir des documents que votre entreprise a indexés.

Quand aucun passage ne répond, l'agent le dit et transmet la question au référent RH, avec son texte exact. Testez cette consigne avant le lancement, avec des questions dont la réponse ne figure dans aucun document.

Ce que l'agent transmet à une personne

Certaines questions de la première semaine engagent le contrat ou la situation personnelle du salarié. L'agent annonce qu'il transmet, ouvre un ticket pour le référent RH et donne un délai de réponse. Partent ainsi les questions sur le salaire, la période d'essai ou une clause du contrat, une erreur sur le premier bulletin, la santé, le handicap ou un aménagement de poste, un désaccord avec le manager, un document non signé ou un accès non ouvert après la date prévue.

Le manager garde l'accueil : la présentation à l'équipe, les premiers objectifs, le point de fin de semaine. L'agent lui envoie le planning de la semaine et un rappel la veille de chaque rendez-vous.

Pendant toute la période d'essai, les conversations du nouvel arrivant avec l'agent ne servent pas à l'évaluer. Suivre et évaluer le comportement d'un salarié relève du point 4 b) de l'annexe III de l'IA Act (section 04). Un agent d'onboarding qui lit le SIRH est aussi un traitement automatisé de gestion du personnel : le CSE en est informé avant sa mise en service (section 06).

Section 06

Consulter le CSE avant un agent IA RH : calendrier, dossier, phase pilote

Dans une entreprise d'au moins 50 salariés, consultez le CSE avant toute mise en service de l'agent, phase pilote comprise, avec un dossier écrit sur sa finalité, ses données et qui voit quoi. À défaut d'accord, le CSE dispose d'un mois pour rendre son avis, deux s'il fait appel à un expert. Inscrivez ce délai dans le planning du projet.

Le fondement est l'article L2312-8, II, 4° du Code du travail : le CSE est informé et consulté sur « l'introduction de nouvelles technologies » et sur tout aménagement important des conditions de santé, de sécurité ou de travail. Depuis février 2025, au moins quatre ordonnances de référé l'ont appliqué à des outils d'IA, dont une sur un chatbot RH.

L'article L2312-38 impose l'information préalable du CSE sur les traitements automatisés de gestion du personnel et leurs modifications : un assistant qui lit le SIRH entre dans ce cas. Le même article impose l'information et la consultation avant toute décision de mettre en œuvre des moyens ou techniques permettant de contrôler l'activité des salariés. L'assistant y entre si quelqu'un peut consulter qui a posé quelle question.

Le premier alinéa de l'article L2312-38 vise les méthodes d'aide au recrutement : un agent qui trie des candidatures demande une information préalable du CSE, en plus des règles décrites dans notre guide trier des CV avec l'IA sous le contrôle de la CNIL.

L'avis du CSE est consultatif : l'employeur peut déployer après la consultation, même avec un avis défavorable. Le risque porte sur l'absence de consultation, qui permet au juge des référés de suspendre l'outil. Entraver le fonctionnement régulier du CSE est en outre puni d'une amende de 7 500 € (article L2317-1).

Le calendrier, du dossier à l'avis

La consultation se place avant la décision : selon l'article L2312-14, les décisions de l'employeur sont précédées de la consultation du CSE. Le projet doit donc être assez précis pour être présenté, et l'outil encore fermé aux salariés.

Le délai d'avis court à partir du jour où l'employeur communique les informations écrites, ou signale qu'elles sont disponibles dans la base de données économiques, sociales et environnementales (BDESE), selon l'article R2312-5. L'article L2312-15 demande des informations précises et écrites et un délai d'examen suffisant.

ÉtapeDélai ou règleTexte
Inscription à l’ordre du jourOrdre du jour établi par le président et le secrétaire ; une consultation obligatoire y est inscrite de plein droitL2315-29
Envoi de l’ordre du jourAu moins 3 jours avant la réunion, aux membres du CSE, à l’inspection du travail et aux services de prévention de la sécurité socialeL2315-30
Départ du délai d’avisCommunication des informations écrites, ou annonce de leur mise à disposition dans la BDESER2312-5
Avis du CSEDélai fixé par accord ; à défaut, 1 mois, 2 mois avec un expert, 3 mois si des expertises ont lieu à la fois au CSE central et dans des CSE d’établissement. À l’échéance, le CSE est réputé avoir rendu un avis négatifL2312-16, R2312-6
CSE d’établissementAvis transmis au CSE central au plus tard 7 jours avant l’échéance de celui-ci, sinon réputé négatifR2312-6, II
Après l’avisL’employeur rend compte, en la motivant, de la suite donnée aux avis et vœux du CSEL2312-15
Articles du Code du travail lus sur code.travail.gouv.fr le 4 novembre 2026. Un accord d'entreprise, ou un accord avec le CSE, peut fixer d'autres délais (L2312-16).

Remettez un dossier complet dès le départ. Si le CSE estime ne pas disposer d'éléments suffisants, il peut saisir le président du tribunal judiciaire pour obtenir les éléments manquants. Cette saisine ne prolonge pas le délai, sauf si le juge le décide en cas de difficultés particulières d'accès aux informations (article L2312-15).

Pour l'introduction d'une nouvelle technologie, le CSE peut faire appel à un expert habilité (article L2315-94, 2°). Les frais sont alors partagés : 80 % pour l'employeur, 20 % sur le budget de fonctionnement du CSE (article L2315-80, 2°). Dans l'affaire jugée à Nanterre le 29 janvier 2026, le CSE central avait voté une expertise le jour même où les nouveaux outils lui avaient été présentés.

Le planning d'un agent IA RH réserve donc un mois entre la remise du dossier et l'ouverture, deux mois si le CSE nomme un expert, en plus du temps de préparation du dossier et de la réunion. Vérifiez d'abord si un accord d'entreprise fixe d'autres délais.

Ce que le dossier présente au CSE

Le dossier que nous préparons avec nos clients répond à quatre questions : à quoi sert l'agent, quelles données il lit, qui voit quoi, et comment se déroule le pilote. Le tableau en donne le contenu. Il reprend notre pratique et les exigences de l'article L2312-15 ; le Code du travail ne fixe pas de liste.

RubriqueCe que le dossier écrit
FinalitéLes tâches confiées à l’agent (répondre aux questions, préparer les demandes, envoyer les documents d’onboarding) et la liste de ce qu’il ne fera pas : aucune décision sur un salarié, aucune statistique nominative, aucun usage dans les entretiens annuels ou l’évaluation de la période d’essai
DonnéesLes documents indexés, les champs du SIRH lus, ce qui est conservé des conversations et pendant combien de temps, l’hébergement, le contrat de sous-traitance, l’analyse d’impact (AIPD) si elle existe
Qui voit quoiLe salarié voit ses propres conversations ; l’équipe RH voit les tickets qui lui sont transmis ; un administrateur nommé accède aux journaux techniques ; les managers n’ont accès à aucune conversation
ActionsCe que l’agent prépare, et ce qui reste validé par une personne dans le circuit du SIRH
PiloteLa population concernée, la durée, les documents couverts, ce qui est mesuré, les conditions d’arrêt ou d’extension
ÉvolutionsCe qui donne lieu à une information du CSE (nouveau document, correction) et ce qui donne lieu à une nouvelle consultation (nouvelle population, nouvelle source de données, écriture dans le SIRH)
Information des salariésLa note diffusée avant l’ouverture et le message d’accueil de l’agent (article L1222-4 du Code du travail, article 50(1) de l’IA Act)
Dossier type préparé par Lumyniq. Les choix de la rubrique « Qui voit quoi » sont ceux que nous recommandons ; chaque entreprise fixe et écrit les siens.

La rubrique « Qui voit quoi » décide aussi de l'application du troisième alinéa de l'article L2312-38. Si un manager ou un gestionnaire peut retrouver qui a posé quelle question, l'agent devient un moyen de contrôler l'activité des salariés.

Ce que les juges ont décidé depuis 2025

DécisionOutil en causeCe que le juge a retenu
TJ Nanterre, référé, 14 février 2025, n° 24/01457Applications informatiques intégrant de l’IA, présentées comme une phase piloteLa phase pilote est une première mise en œuvre ; suspension jusqu’à la clôture de la consultation
TJ Créteil, référé, 15 juillet 2025, n° 25/00851Outils d’IA intégrés à l’intranet d’une société de presseSuspension jusqu’à la clôture de la consultation ; confirmée par la cour d’appel de Paris le 21 mai 2026 (n° 25/13234)
TJ Paris, référé, 2 septembre 2025, n° 25/53278France Télévisions : plateforme MedIAGen et version 2 du chatbot RH RaiponseConsultation exigée pour la plateforme, suspension sous astreinte ; refusée pour la version 2 du chatbot, consulté à son lancement en 2022
TJ Nanterre, référé, 29 janvier 2026, n° RG 25/02856CS Group France : outil de compétences et de CV remplacé par deux logiciels intégrant de l’IAConsultation du CSE central ordonnée et déploiement suspendu, sous astreinte de 500 € par jour : outils étendus à tous les salariés, données utilisées dans les entretiens annuels
Sources : texte intégral de l'ordonnance du 29 janvier 2026, publié par la CFDT ; Lamy Liaisons (30 avril 2025), Éditions Tissot (27 août 2026), Lefebvre Dalloz (19 septembre 2025), CMS Francis Lefebvre (13 avril 2026). Ordonnances de première instance, sauf l'arrêt d'appel du 21 mai 2026. Nous avons lu le texte intégral de la seule ordonnance du 29 janvier 2026.

L'affaire France Télévisions est la plus proche d'un agent RH. Selon Lefebvre Dalloz, le chatbot RH Raiponse fonctionnait depuis novembre 2022 et le CSE central avait été consulté à sa mise en place. Pour la version 2, le juge a relevé des techniques similaires à la première, des fonctions nouvelles (réponses détaillées, résumés, traductions) dont l'effet sur la situation des salariés n'était pas établi, l'absence de formation prévue, et l'information du CSE sur la montée de version en 2025. Il a refusé d'imposer une nouvelle consultation.

Une phase pilote demande-t-elle déjà la consultation ?

Oui, dès que des salariés utilisent l'outil dans leur travail. Le 14 février 2025, le juge des référés de Nanterre a examiné cinq applications intégrant de l'IA, en phase pilote depuis plusieurs mois alors que la consultation du CSE n'était pas close. Selon le commentaire publié par Lamy Liaisons, il a retenu que le pilote supposait l'utilisation des outils, au moins en partie, par l'ensemble des salariés concernés. Il y a vu une première mise en œuvre et a suspendu le déploiement jusqu'à la fin de la consultation.

Le même commentaire distingue ce pilote d'une simple expérimentation, nécessaire pour présenter au CSE un projet suffisamment abouti. Notre lecture, à faire valider par votre conseil : un test mené par l'équipe projet avec des questions fictives, sans salarié utilisateur et sans donnée personnelle réelle, reste une préparation du dossier. Le pilote commence quand un groupe de salariés pose ses vraies questions à l'agent.

L'ordonnance du 29 janvier 2026, dont nous avons lu le texte intégral, écarte un autre argument. CS Group France soutenait que son ancien logiciel de compétences utilisait déjà l'IA et que les deux nouveaux en reprenaient les fonctions. La juge a admis que l'ancien outil employait déjà l'IA, puis a regardé l'usage annoncé : un outil réservé jusque-là à deux business units, étendu à tous les salariés, présenté comme non facultatif, dont les données serviraient aux entretiens annuels, aux affectations sur les missions et aux formations. Elle en a déduit l'introduction de nouvelles technologies au sens de l'article L2312-8.

Elle a ordonné l'ouverture de la consultation du CSE central et la suspension du déploiement, chacune sous astreinte de 500 € par jour de retard, à compter d'un mois après la signification et pour 90 jours au plus. La demande sur l'expertise a été renvoyée à la procédure accélérée au fond prévue par l'article L2312-15.

Pour un agent IA RH, présentez le pilote au CSE avant son ouverture, avec sa population et sa durée. Présentez à nouveau son extension à tous les salariés, et tout usage de ses données dans un autre processus RH. Entre deux consultations, informez le CSE de chaque évolution, et reconsultez quand le périmètre change : nouvelle population de salariés, nouvelle source de données, écriture dans le SIRH, usage des conversations pour évaluer qui que ce soit.

Entre 11 et 49 salariés, le CSE n'a pas cette attribution consultative générale, ses attributions étant fixées selon l'effectif (article L2312-1). L'information des salariés reste due : l'article L1222-4 interdit de collecter une information sur un salarié par un dispositif qui n'a pas été porté préalablement à sa connaissance. Une note d'information diffusée avant l'ouverture et un message d'accueil clair y répondent.

Ce guide décrit les textes et les décisions publiées ; il ne remplace pas l'avis d'un avocat en droit social sur votre projet.

Section 07

Ce qu'un assistant RH fait gagner

Le gain porte sur les questions répétitives : solde de congés, mutuelle, notes de frais. L'assistant y répond à toute heure en citant le document, et l'équipe RH garde son temps pour les situations qui demandent une personne. Nous ne publions pas de taux d'automatisation : ceux qui circulent viennent d'éditeurs, sans méthode publiée, et dépendent surtout de la qualité des documents.

Moins de questions à la boîte RH

Congés, mutuelle, documents, frais : le salarié a sa réponse sans écrire aux RH. Les gestionnaires gardent la mobilité, les conflits et la santé.

La même réponse pour tous

La même question reçoit la même réponse, tirée de la version en vigueur du document, avec sa référence. Les pièces obligatoires de l'onboarding sont suivies une à une.

Un effet mesurable

Mesurez avant et après le lancement : délai de recrutement, temps passé sur les questions répétitives, part des questions transmises à une personne.

Section 08

Risques et limites

Un agent IA RH applique vos critères et répète vos documents à chaque candidat et à chaque salarié qui l'interroge. Un critère de tri biaisé, une note périmée ou un accès trop large se répètent à chaque réponse. Chacun de ces risques se traite avant le lancement, au moment où l'on écrit les consignes et les droits d'accès.

Sur le tri des CV, l'agent peut amplifier les biais présents dans les données historiques ou dans les critères. Auditez les critères, journalisez chaque proposition et faites relire chaque refus par un recruteur. Pour les systèmes à haut risque, la validation humaine est une obligation légale en Europe.

Une validation réduite à un clic laisse la machine décider à la place du recruteur. Affichez la raison de chaque proposition à côté de la short-list, et laissez au recruteur le temps de la contredire.

L'assistant voit passer des salaires, des évaluations, parfois des données de santé. Limitez ses accès aux données utiles à la question, dans le SIRH comme dans les dossiers partagés, et vérifiez la conformité au RGPD, à l'IA Act et aux référentiels de la CNIL avant l'ouverture.

Un déploiement mal préparé peut provoquer un rejet des équipes ou des candidats. Pendant une réorganisation, un outil qui voit passer les questions des salariés sera lu comme un outil de contrôle. Écrivez ce qu'il ne fera pas et présentez-le au CSE avant l'ouverture.

Un assistant répète plus vite, et à plus de monde, ce que disent vos documents et votre SIRH. Une convention mal appliquée ou un paramétrage de paie faux le restent.

Section 09

Qui fait quoi entre l'assistant et l'équipe RH

La répartition ne change pas d'un cas d'usage à l'autre : l'assistant prépare, le salarié confirme, le manager ou les RH décident. L'équipe RH tient en plus les documents à jour et traite chaque dossier que l'assistant lui transmet. Le tableau applique cette règle aux tâches courantes décrites dans les sections 03 à 05.

TâcheCe que fait l'assistantQui tranche
Question sur une règle (congé pour événement familial)Répond avec le passage de la convention collective ou de l'accordLes RH tiennent à jour une seule version datée du document
Solde de congésLit le compteur du salarié dans le SIRH, sans le recalculerLa paie paramètre la règle dans le SIRH
Demande de congé ou note de fraisPrépare la demande ou le brouillonLe salarié confirme, le manager valide dans le circuit du SIRH
Santé, conflit, harcèlement, ruptureDonne les contacts humains et ouvre un ticket à accès restreintUne personne habilitée traite le dossier
Documents d’onboardingEnvoie à leur échéance les documents préparés par les RH, signale un retardLes RH rédigent et valident les modèles
Accès d’un nouvel arrivantPrépare la demande d’après la liste d’accès du posteLe manager approuve, l’administrateur crée les comptes
Tri des candidaturesPropose une short-list, avec la raison de chaque propositionLe recruteur valide, le manager et les RH choisissent
Répartition décrite dans les sections 03 à 05 de ce guide.

Le DRH pilote le projet. Il choisit le premier cas d'usage, prépare le dossier du CSE avec le DPO et le juridique, fait relire à intervalle régulier un échantillon de propositions pour repérer les biais, et forme les recruteurs à contester une proposition de l'agent.

Section 10

Par où commencer

Commencez par un seul cas d'usage à fort volume, dont l'effet se mesure : les questions répétitives des salariés ou le recrutement en volume. Fixez la validation humaine avant d'écrire la première consigne, et consultez le CSE et le DPO avant le lancement, y compris pour une phase pilote.

Formez ensuite les gestionnaires RH à vérifier une proposition de l'agent avant de la valider. Pour comparer les plateformes du marché, nos guides et comparatifs passent en revue les outils derrière chacun de ces chantiers.

Section 11

FAQ : IA et ressources humaines

Seulement avec des contrôles écrits. Un modèle peut amplifier les biais présents dans les données historiques (genre, âge, origine). Il faut des critères strictement liés au poste, la journalisation de chaque proposition, une revue humaine avant tout refus et des audits périodiques. Le tri de candidatures relève du point 4 a) de l'annexe III de l'IA Act, avec des obligations applicables à partir du 2 décembre 2027.

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Sources

Liens vérifiés à la publication. Les textes réglementaires évoluent : reportez-vous toujours à la source officielle.

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