Guide · Santé
Quels composants d'un agent IA stockent des données de santé et doivent être confiés à un hébergeur certifié HDS, ce que le décret n° 2026-209 impose à partir du 26 septembre 2026, et ce que les clouds et les fournisseurs de modèles couvrent réellement. Relevé du 15 septembre 2026, section n8n vérifiée le 4 novembre 2026.
Le principe
Historique, index vectoriel, journaux et sauvegardes : les quatre composants d'un agent IA qui stockent des données de santé.
En bref
Ce guide ne liste pas d'outils IA médicaux : pour ce comparatif, voir les meilleurs outils IA pour le secteur médical. Il répond à une autre question : comment construire ou choisir un agent IA qui manipule des données de santé sans sortir du cadre HDS, RGPD et IA Act. Les usages métier sont décrits dans notre guide IA et secteur médical.
Base légale
L'article L.1111-8 vise toute personne qui héberge des données de santé recueillies à l'occasion d'activités de prévention, de diagnostic, de soins ou de suivi social et médico-social. Un hébergeur qui les conserve sur support numérique doit détenir un certificat de conformité. La version en vigueur depuis le 1er juillet 2025 a été modifiée par l'article 32 de la loi n° 2024-449 du 21 mai 2024 (loi SREN).
L'article R.1111-8-8 précise ce qu'est l'hébergement : détenir des données de santé pour le compte du responsable de traitement qui les a produites ou recueillies, ou pour le compte du patient. Il prévoit une exception : recevoir brièvement des données pour les saisir, les mettre en forme, les imprimer ou les numériser ne constitue pas un hébergement. Le responsable qui externalise doit vérifier que son prestataire est certifié.
L'article R.1111-9 (version en vigueur depuis le 27 mars 2026) liste six activités d'hébergement :
Deux certificats sont généralement distingués : hébergeur d'infrastructure physique (activités 1 et 2) et hébergeur infogéreur (activités 3 à 6). Cette répartition est présentée par l'Agence du numérique en santé ; sa page n'a pas pu être rechargée le 15 septembre 2026, vérifiez-la sur esante.gouv.fr. Pour un agent IA, la conséquence est pratique : l'hébergeur qui fournit les serveurs n'est pas forcément certifié pour la plateforme applicative ou l'infogérance que vous lui confiez.
Qu'est-ce qu'une donnée de santé ? L'article 4(15) du RGPD la définit comme une donnée personnelle relative à la santé physique ou mentale d'une personne, soins compris, qui révèle son état de santé. La CNIL distingue trois cas : la donnée de santé par nature (dossier, diagnostic, résultat), par croisement avec d'autres données, et par sa destination. Une question libre posée à un chatbot de cabinet (« mon traitement me donne des vertiges ») entre dans la première catégorie.
Dates

| Date | Texte | Effet pour un agent IA santé |
|---|---|---|
| 16 mai 2024 | Arrêté du 26 avril 2024 publié au JORF n° 0113 (référentiel HDS v2.0) | Nouvelles exigences, dont la localisation des données dans l’EEE |
| 16 novembre 2024 | Article 2 de l’arrêté applicable, six mois après publication | Toute nouvelle demande ou tout renouvellement suit la v2.0 |
| 26 mars 2026 | Décret n° 2026-209 du 24 mars 2026 publié au JORF n° 0073 | La plupart des dispositions s’appliquent dès le lendemain |
| 16 mai 2026 | Date limite de passage à la v2.0 pour les hébergeurs déjà certifiés (page Microsoft Learn) | Un certificat v1.1 ne suffit plus |
| 2 août 2026 | IA Act, article 50 | Un chatbot patient doit indiquer qu’il est une IA |
| 26 septembre 2026 | Article R.1111-9-1 et clauses contractuelles du décret 2026-209 | Stockage exclusivement UE/EEE, transferts et accès distants encadrés |
| 2 août 2028 | IA Act, systèmes à haut risque de l’annexe I (dont dispositifs médicaux) | Obligations du haut risque pour une IA qui est ou équipe un dispositif médical |
Pour le 26 septembre 2026, Légifrance indique une entrée en vigueur à cette date ; certains cabinets d'avocats retiennent le 27 septembre. L'écart d'un jour ne change rien à la préparation : les contrats et la localisation doivent être prêts avant. Le calendrier complet de l'IA Act, modifié par le Digital Omnibus, est détaillé dans notre guide de l'IA Act pour les entreprises.
Décret 2026-209

Le nouvel article R.1111-9-1 pose deux règles.
Le même décret modifie l'article R.1111-11 III : l'hébergeur doit publier et tenir à jour une cartographie des transferts de données hors UE/EEE, des accès à distance possibles et du risque d'accès non autorisé par des autorités de pays tiers.
Pour un agent IA, l'accès à distance est le point le plus souvent oublié. Une équipe de support basée hors UE qui peut consulter les journaux, un outil d'observabilité américain qui reçoit les traces des prompts ou un sous-traitant d'infogérance offshore sont tous concernés. Demandez la cartographie à chaque hébergeur et vérifiez que les outils branchés sur l'agent y figurent.
Architecture
Chaque composant d'un agent IA a un statut différent au regard de l'hébergement : certains conservent les données, d'autres ne font que les voir passer.

| Composant | Contient des données de santé ? | Hébergement HDS si un prestataire l’opère |
|---|---|---|
| Interface web ou chat (widget, application) | En transit ; rien à conserver dans le navigateur (localStorage) ni sur le serveur de l’interface | Non si l’interface ne stocke rien ; oui dès qu’elle conserve des échanges |
| Orchestrateur de l’agent (backend, outils, appels aux API) | Oui, en mémoire pendant le traitement | Oui : plateforme d’hébergement d’applications (activité 4) |
| Historique des conversations | Oui | Oui |
| Index vectoriel du RAG (embeddings et extraits de documents) | Oui si l’index couvre des dossiers patients ; les extraits de texte sont stockés avec les vecteurs | Oui |
| Inférence du modèle | Oui pendant l’appel ; conservation selon la politique du fournisseur | Non tranché (voir la section suivante) |
| Journaux, traces et outils d’observabilité | Oui dès qu’ils enregistrent prompts ou réponses | Oui, ou journaux expurgés |
| Sauvegardes et archives | Oui | Oui : sauvegarde des données de santé (activité 6) |
| Analytics produit | Ne doit pas en contenir | À éviter : ne remonter que des événements sans contenu |
L'index vectoriel est le composant le plus souvent sous-estimé. Dans un RAG, la base ne contient pas seulement des vecteurs : elle conserve aussi les passages de documents qui seront renvoyés au modèle. Si ces documents sont des comptes rendus ou des courriers patients, la base vectorielle stocke des données de santé. Notre guide du RAG en entreprise détaille son fonctionnement, et le cas du tri de dossiers patients montre un flux type.
Zone grise
Nous n'avons trouvé, au 15 septembre 2026, ni texte ni position de l'ANS ou de la CNIL qui dise si l'envoi d'un prompt contenant des données de santé à une API de modèle constitue un hébergement. Les points qui suivent relèvent de notre analyse.
Conséquence pratique : tant que la question n'est pas tranchée, faites valider l'appel à une API externe par un avocat ou votre DPO, et privilégiez les architectures 1 ou 2 décrites plus bas. Les engagements de conservation et de sous-traitance des fournisseurs de modèles se lisent dans leurs contrats de traitement, comparés dans notre guide RGPD et DPA d'OpenAI, Anthropic et Mistral. Notre guide sécurité des agents IA liste les garde-fous techniques côté agent.
Fournisseurs
Chez les grands clouds, le périmètre HDS suit la liste des services certifiés ISO/IEC 27001 et une liste de régions. Un calcul certifié ne veut pas dire que le service d'IA managé l'est aussi : il faut lire le certificat, la liste de services et le contrat signé.

| Fournisseur | Certification HDS publiée | Service IA dans le périmètre | À vérifier |
|---|---|---|---|
| Microsoft Azure | HDS v2.0, certificat émis en octobre 2025 (audit Schellman). Services Azure listés conformes ISO/IEC 27001, 14 régions EEE, hors services en préversion | Azure OpenAI n’est pas nommé sur la page HDS | Annexe ISO 27001 du Service Trust Portal (connexion requise), clauses contractuelles HDS |
| AWS | HDS v2.0, certifié le 21 avril 2026, 27 régions ; activités 1 et 2 dans 6 régions EEE (Francfort, Irlande, Milan, Paris, Stockholm, Espagne). Les services ISO 27001 sont inclus | Bedrock absent de la page HDS, mais « Amazon Bedrock » (hors Bedrock Marketplace) figure sur la liste ISO 27001 du 1er septembre 2026 : dans le périmètre selon la règle publiée par AWS | Confirmation écrite, région EEE, modèles effectivement utilisés |
| Google Cloud | HDS v2.0 annoncé pour Google Cloud Platform et Workspace (blog sécurité de Google Cloud, 22 septembre 2025) | Non précisé : la page des services couverts n’a pas de colonne HDS ; Vertex AI y figure sous ISO 27001 | Liste des produits couverts à demander à Google |
| OVHcloud | Option HDS avec support Business ou Enterprise et « Healthcare Addendum » | Sources contradictoires : la liste HDS de la documentation (2 juin 2026) n’inclut pas AI Endpoints, AI Deploy ni AI Training ; la page AI Endpoints évoque des certifications santé ; un ticket de la roadmap publique (#995) est marqué terminé | Couverture d’AI Endpoints à faire confirmer par écrit |
| Scaleway | Périmètre HDS : instances CPU et GPU, Object et Block Storage, Bare Metal, VPC. Contrat HDS et support Business ou Enterprise | Generative APIs et Managed Inference ne sont pas listés | Architecture 1 possible sur instances GPU |
| 3DS Outscale | Se déclare certifié HDS et qualifié SecNumCloud par l’ANSSI | Ni version ni périmètre de services publiés | Certificat et périmètre à demander |
| Mistral AI, OpenAI, Anthropic (API directes) | Aucune certification HDS trouvée | Aucune déclaration officielle trouvée | Certificat à demander ; à défaut, architecture 1 ou 2 |
Deux lectures à retenir. D'abord, « certifié HDS » sur la page d'un cloud concerne un ensemble de services et de régions, jamais tout le catalogue. Ensuite, aucun fournisseur de modèles relevé ne publie de certificat HDS pour son API directe. Si vous passez par une intégration Claude ou un autre modèle pour des usages santé, le choix du canal (API directe, cloud certifié, modèle auto-hébergé) se fait avant d'écrire la première ligne de code.
Solutions
Le modèle tourne sur des instances GPU d'un hébergeur dont le certificat couvre ces instances (Scaleway liste explicitement les GPU Instances dans son périmètre HDS). Toutes les données restent dans la zone certifiée : orchestrateur, index vectoriel, historique, journaux et inférence. C'est l'option la plus simple à défendre juridiquement. Les contreparties : l'exploitation des GPU et des mises à jour du modèle, et un choix limité aux modèles dont les poids sont publiés.
Une passerelle, hébergée en zone HDS, remplace noms, numéros de sécurité sociale, dates de naissance, adresses et identifiants de dossier par des jetons avant l'appel. La table de correspondance ne quitte jamais la zone HDS, et la réponse du modèle est ré-identifiée à son retour. Deux limites : un texte médical libre contient des indices indirects (profession rare, commune, date d'hospitalisation), et des données pseudonymisées restent des données personnelles, comme le rappellent les lignes directrices 01/2025 de l'EDPB et la sanction IQVIA. Le RGPD, le contrat de traitement et l'analyse de transfert s'appliquent toujours.
Un service de modèle managé est utilisable s'il entre dans le périmètre du certificat HDS du cloud, dans une région EEE, avec les conditions contractuelles HDS signées. Chez AWS, Bedrock entre dans le périmètre selon la règle publiée ; chez Microsoft et Google, la couverture du service IA doit être confirmée. Vérifiez aussi où tourne l'inférence : un routage inter-régions qui sortirait de l'EEE contredirait R.1111-9-1.
Dans les trois cas, l'agent lui-même se conçoit comme un agent IA sur mesure : les composants de stockage, les journaux et la passerelle se choisissent selon cette carte dès la conception.
n8n
Une instance n8n qui traite les messages des patients d'un cabinet ou d'une clinique garde des données de santé dans sa base, ses fichiers, ses journaux et ses sauvegardes. Le serveur qui la fait tourner, la base et le stockage doivent être chez un hébergeur certifié HDS pour les activités qu'il assure. L'appel au modèle se règle à part.
| Élément de l’instance n8n | Données de santé | Par défaut (documentation n8n) | HDS si un prestataire l’opère |
|---|---|---|---|
| Processus n8n (et workers en mode queue) | Oui, en mémoire pendant chaque exécution | Un serveur ou un conteneur | Oui : plateforme d’hébergement d’applications (activité 4), administration et exploitation (activité 5) |
| Base de données | Oui : exécutions passées, à côté des workflows et des identifiants | SQLite, fichier ~/.n8n/database.sqlite ; PostgreSQL possible | Oui |
| Données d’exécution | Oui : les données traitées par chaque nœud | Toutes enregistrées, purgées après 336 heures ou au-delà de 10 000 exécutions | Oui, là où elles sont écrites |
| Fichiers reçus (données binaires) | Oui s’il s’agit de documents patients | En mémoire ; disque, base ou stockage objet selon le réglage | Oui dès qu’ils sont écrits |
| Identifiants et clé de chiffrement | Non, mais ils ouvrent l’agenda et le logiciel métier | Clé générée au premier lancement dans ~/.n8n | Avec la base, clé rangée à part |
| Journaux du serveur | À vérifier sur votre instance | Sortie console, niveau « info » | Oui s’ils recopient un contenu |
| Sauvegardes | Oui | À organiser par l’exploitant | Oui : sauvegarde (activité 6), stockage UE/EEE |
| Appel au modèle | Oui : prompt et réponse | Nœuds AI Agent, modèles de chat, HTTP Request | Selon le fournisseur, voir plus bas |
Par défaut, n8n enregistre chaque exécution. Selon sa documentation, EXECUTIONS_DATA_SAVE_ON_SUCCESS et EXECUTIONS_DATA_SAVE_ON_ERROR valent « all », et EXECUTIONS_DATA_SAVE_MANUAL_EXECUTIONS vaut « true » : les exécutions réussies, en erreur et lancées à la main sont gardées. Une exécution enregistrée contient les données traitées par chaque nœud, donc le message du patient, la réponse du modèle et le texte extrait d'un document.
La purge est active par défaut (EXECUTIONS_DATA_PRUNE). Elle supprime les exécutions terminées depuis plus de 336 heures, soit 14 jours (EXECUTIONS_DATA_MAX_AGE), et les plus anciennes au-delà de 10 000 (EXECUTIONS_DATA_PRUNE_MAX_COUNT). Deux exceptions comptent pour un agent santé. Une exécution en attente, par exemple arrêtée sur un nœud Wait jusqu'à une validation humaine, n'est pas purgée. Une exécution annotée d'une étiquette ou d'une note ne l'est jamais.
Ces réglages réduisent le volume et la durée de conservation. Une exécution gardée reste une copie de données de santé, à placer en zone HDS. Pour un workflow santé, nos réglages de départ sont EXECUTIONS_DATA_SAVE_ON_SUCCESS=none et EXECUTIONS_DATA_SAVE_MANUAL_EXECUTIONS=false, les exécutions en erreur gardées pour le dépannage et EXECUTIONS_DATA_MAX_AGE aligné sur la durée fixée dans l'analyse d'impact. Les mêmes choix se font aussi dans les paramètres de chaque workflow.
Le masquage des données d'exécution, réservé à l'offre Enterprise et disponible depuis la version 2.16.0, ne change rien à l'hébergement. La documentation de n8n précise qu'il ne chiffre ni ne modifie les données en base : il les cache à l'affichage, et quiconque accède directement à la base peut les lire.
Les fichiers suivent le même chemin. n8n garde les données binaires en mémoire par défaut. Avec N8N_DEFAULT_BINARY_DATA_MODE=filesystem, il les écrit sur disque, et en mode queue la documentation demande le mode « database ». La variable N8N_EXECUTION_DATA_STORAGE_MODE permet d'écrire les données d'exécution sur disque ou dans un stockage objet S3 ou Azure, ces deux derniers réservés aux offres Business et Enterprise auto-hébergées. Le bucket qui reçoit les ordonnances et les comptes rendus fait partie de la zone HDS au même titre que la base.
Les identifiants de connexion (agenda, logiciel métier, messagerie) sont chiffrés en base avec une clé que n8n génère au premier lancement et range dans ~/.n8n, sauf si vous la fournissez par N8N_ENCRYPTION_KEY. Avec SQLite, la base et la clé sont dans ce même dossier : une copie du dossier permet de déchiffrer les identifiants. Fournissez la clé par le gestionnaire de secrets de l'hébergeur et gardez-la hors des sauvegardes de la base.
Les journaux du serveur partent par défaut vers la console au niveau « info » (N8N_LOG_OUTPUT, N8N_LOG_LEVEL), donc vers l'outil qui collecte les journaux des conteneurs. La documentation ne dit pas qu'ils recopient le contenu des exécutions : vérifiez-le sur votre instance avant la mise en production. Si un message de patient y apparaît, l'outil de collecte entre dans la zone HDS et dans la cartographie des accès à distance. La CNIL recommande de limiter les données personnelles dans les journaux et de les conserver de six mois à un an (délibération n° 2021-122 du 14 octobre 2021).
Les sauvegardes de la base et des volumes relèvent de l'activité 6 de l'article R.1111-9, la sauvegarde des données de santé. Elles restent dans l'UE ou l'EEE (article R.1111-9-1), chez un hébergeur certifié pour cette activité.
Pour n8n Cloud, la page sécurité de n8n indique au 4 novembre 2026 un hébergement sur Microsoft Azure, des données stockées dans l'UE et un programme de sécurité aligné sur SOC 2. Elle ne mentionne aucune certification HDS. Le certificat HDS d'Azure couvre l'infrastructure. n8n, qui exploite et administre la plateforme, assure les activités 4 et 5 et devrait, selon notre lecture, être certifié lui-même. Tant que n8n ne produit pas ce certificat, nous n'utilisons pas n8n Cloud pour un workflow qui stocke des données de santé.
Un autre flux part vers un modèle : l'assistant intégré à l'éditeur. Selon la documentation de n8n, n8n Assistant peut traiter des détails d'exécutions et d'erreurs choisis pour le dépannage, et sur une instance auto-hébergée il passe par le compte du fournisseur de modèle que vous configurez. Sur une instance qui traite des données de santé, il suit la même règle que les nœuds de modèle.
Le nœud qui appelle le modèle envoie le prompt hors de l'instance et reçoit la réponse du fournisseur. La section sur les API de modèles explique pourquoi ce point n'est pas tranché. Dans les workflows n8n que Lumyniq livre pour la santé, aucun nœud n'envoie de donnée de santé identifiante à une API dont le fournisseur ne produit pas un certificat HDS couvrant ce service. Nous ne présentons aucun fournisseur de modèle comme certifié HDS.
Le workflow suit l'une des trois architectures décrites plus haut. Dans la première, le modèle open-weight tourne sur des instances GPU de la zone HDS et n8n l'appelle par un nœud HTTP Request sur le réseau privé. Dans la deuxième, un nœud de pseudonymisation exécuté dans la même instance remplace les identifiants avant le nœud de modèle, et la table de correspondance reste dans la base HDS. Dans la troisième, le modèle est servi par un cloud dont le certificat HDS couvre ce service, confirmé par écrit.
Le choix se fait à l'audit, avec l'hébergeur. Notre page agence n8n décrit la façon dont nous construisons et exploitons ces workflows. Les usages concernés, de la prise de rendez-vous au renvoi au 15 sur un signe d'alerte, sont détaillés sur notre page agent IA pour cabinet médical.
CNIL
Pseudonymiser consiste à remplacer les identifiants directs tout en gardant la possibilité de ré-identifier, avec une information conservée à part. Anonymiser suppose que la ré-identification ne soit plus possible par des moyens raisonnables ; les données sortent alors du RGPD. Les lignes directrices 01/2025 de l'EDPB, adoptées le 16 janvier 2025 et soumises à consultation jusqu'au 14 mars 2025, détaillent des exemples médicaux ; nous n'avons pas trouvé de version finale au 15 septembre 2026.

| Organisme | Amende | Date | Manquements relevés |
|---|---|---|---|
| Cegedim Santé | 800 000 € | Septembre 2024 | Traitement de données de santé sans autorisation ; données pseudonymisées que la CNIL n’a pas considérées comme anonymes ; logiciel utilisé par environ 25 000 cabinets et 500 centres de santé (selon la communication de la CNIL reprise par plusieurs sources) |
| IQVIA Operations France | 5 000 000 € | 26 mai 2026 | Deux entrepôts de données de santé : données pseudonymes ré-identifiables par des moyens raisonnables ; pas de revue régulière des journaux d’accès ; pas d’authentification multifacteur sur un entrepôt ; défauts d’information et de droit d’opposition |
| Hôpital privé de la Loire | 500 000 € | Décision du 21 juillet 2026, publiée le 3 septembre 2026 | Cyberattaque de l’été 2025 : 524 867 patients et 202 246 personnes de confiance concernés ; ni VPN ni authentification multifacteur pour les utilisateurs externes ; accès non limités à l’équipe de soins ; pas de détection d’activité suspecte ; personnes de confiance non informées (RGPD, article 34) |
Ce que ces décisions impliquent pour un agent IA :
Pour développer ou évaluer un modèle sur des données de santé, la page de la CNIL « IA et santé » du 5 mars 2026 renvoie aux formalités préalables (méthodologies de référence MR-001, MR-003, MR-004 ou autorisation) et recommande minimisation, analyse d'impact et durées de conservation définies.
Réglementation produit
Les trois critères de l'ANSM (page mise à jour le 6 janvier 2026) : un logiciel est un dispositif médical s'il a une finalité médicale, produit un résultat propre à un patient et crée une information médicale nouvelle, au-delà du stockage, de la communication ou de la simple recherche de données. Un agent de prise de rendez-vous, un outil administratif ou un stockage de dossiers ne sont pas des dispositifs médicaux.
La règle 11 du règlement (UE) 2017/745, en résumé : un logiciel qui fournit des informations utilisées pour prendre des décisions de diagnostic ou de traitement est en classe IIa, en IIb si une erreur peut entraîner une détérioration grave ou une intervention chirurgicale, et en III si elle peut causer un décès ou un dommage irréversible. Le guide MDCG 2019-11 donne les détails de qualification.
| Agent | Dispositif médical ? | IA Act |
|---|---|---|
| Prise de rendez-vous, rappels, FAQ administrative | Non (critères ANSM) | Article 50 : informer qu’il s’agit d’une IA |
| Tri administratif de documents entrants | Non tant qu’il ne produit pas d’information médicale nouvelle | Article 50 si le patient interagit avec lui |
| Orientation selon des symptômes, suggestion de diagnostic | Probable : qualification à faire | Obligations du haut risque (annexe I) à partir du 2 août 2028 s’il est qualifié dispositif médical |
Depuis le 2 août 2026, l'article 50 impose d'informer une personne qu'elle échange avec une IA ; seul le marquage lisible par machine des contenus générés (article 50, paragraphe 2) bénéficie d'un délai jusqu'au 2 décembre 2026 pour les systèmes déjà sur le marché. Voir l'obligation de transparence des agents IA.
Pour un agent de prise de rendez-vous, la frontière entre renvoi vers le 15 et tri clinique est détaillée dans notre page sur les mots d'alerte et le renvoi au 15 en cabinet médical.
Bonnes pratiques
Le 30 octobre 2025, la HAS a publié « Premières clefs d'usage de l'IA générative en santé », destiné aux professionnels du sanitaire, du social et du médico-social. Il repose sur la méthode A.V.E.C. : Apprendre, Vérifier, Estimer, Communiquer. Chaque sortie de l'IA y est traitée comme une proposition susceptible de contenir des erreurs. Dans un agent, cela se traduit par une validation humaine avant tout message à portée médicale.
La HAS et la CNIL ont soumis à consultation, du 5 mars au 16 avril 2026, un projet de guide « Accompagner le bon usage des systèmes d'IA en contexte de soins » (PDF daté de février 2026). Il compte 10 fiches sur les étapes de déploiement, de l'achat au retrait du système, et 2 fiches sur la gouvernance et l'IA générative. Au 15 septembre 2026, nous n'avons pas trouvé de version finale.
Budget
| Hébergeur | Condition pour l’option HDS | Minimum publié |
|---|---|---|
| OVHcloud | Support Business (10 % de la facture) et Healthcare Addendum | 250 € HT par mois |
| OVHcloud | Support Enterprise (30 % de la facture) | 5 000 € HT par mois |
| Scaleway | Contrat HDS et support Business (250 € ou 10 % de la consommation, le plus élevé) | 250 € par mois |
| Scaleway | Contrat HDS et support Enterprise (990 € ou 20 %) | 990 € par mois |
| 3DS Outscale | Sur contact commercial | Non publié |
Ce minimum de support s'ajoute au calcul, au stockage, aux sauvegardes et, pour l'architecture 1, aux instances GPU.
Avant la mise en production
EXECUTIONS_DATA_SAVE_* et EXECUTIONS_DATA_MAX_AGE, et placer la base, les fichiers et les sauvegardes en zone HDS.Décision
| Votre situation | Architecture recommandée |
|---|---|
| Agent de prise de rendez-vous qui ne collecte aucun motif médical | Hébergement européen classique ; HDS si des motifs de consultation sont conservés |
| Chatbot patient qui recueille symptômes ou antécédents | Stockage en zone HDS, et architecture 1 ou 3 pour le modèle |
| RAG sur dossiers ou comptes rendus | Index vectoriel en zone HDS ; architecture 1 de préférence |
| Synthèse de documents avec un modèle propriétaire de pointe | Architecture 2 (pseudonymisation) après avis juridique, ou 3 si le service est couvert |
| Établissement déjà client d’un cloud certifié | Architecture 3 après confirmation écrite du périmètre du service IA |
| Agent qui suggère un diagnostic ou un traitement | Qualification dispositif médical avant tout développement |
Accompagnement
Lumyniq, agence d'automatisation IA basée à Paris, conçoit des agents IA sur mesure, des intégrations Claude et des workflows n8n, notamment pour le secteur de la santé. Chaque projet commence par un audit du processus et des données concernées, qui fixe l'architecture et les hébergeurs avant tout devis.
FAQ
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